Montréal, le 18 mars 2026 – Le mouvement Je protège mon école publique (JPMEP) s’inquiète de la baisse des investissements en Éducation. Alors que les besoins nécessitent au contraire un engagement continuel et prévisible afin d’améliorer nos écoles publiques, ce Budget consacre plutôt le recul de l’Éducation dans les priorités gouvernementales.
Avec une croissance de 2,4%, les coûts de système (entre 3% et 4%, selon l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS et la Fédération des centres de services scolaires)) ne sont en effet pas couverts par ce Budget. Ceci laisse présager qu’à nouveau, des décisions de coupures difficiles devront être prises très prochainement dans nos écoles. Ce choix budgétaire est fait dans un contexte où le relèvement salarial qui a suivi la grève de 2023 n’a pas empêché la dégradation des autres conditions concrètes qui font en sorte que des professeures et professeurs, de même que d’autres employés du réseau quittent leur emploi (qualité des immeubles, soutien professionnel aux élèves à besoins particuliers, etc.).
En particulier, il est révoltant de constater que le gouvernement puise à même les revenus généraux, qui servent normalement à financer l’éducation et la santé… pour financer en priorité le déficit d’entretien du réseau routier. Car comme le souligne l’organisme Vivre en ville, le « déficit structurel du Fonds des réseaux de transport terrestre (FORT), qui permet au gouvernement du Québec de financer le réseau routier supérieur et de soutenir les transports collectifs, atteint un niveau inédit, avec un transfert en provenance du fonds consolidé de 3,7 milliards. » De toute évidence, pour ce gouvernement, les routes et les voitures sont de toute évidence plus importantes que les écoles et les enfants.
Est-il nécessaire de rappeler que le secteur de l’Éducation compte pour 22% du déficit en maintien des actifs (DMA)? Pourtant, nous constatons une diminution dans le maintien des actifs, la prise en charge du DMA et le remplacement dès 2028-2029, et aucun indice d’amélioration pour 2031-2036.
Clairement, les coupes de 400 M$ de l’été 2024 n’ont rien réglé. Au contraire, nous nous retrouvons maintenant avec un déficit global de nos infrastructures scolaires pire qu’en 2018. De plus, le gouvernement en poste depuis deux longs mandats a finalement admis lors de la présentation du Budget l’incroyable déficit en maintien des infrastructures… en reportant la faute sur le gouvernement précédent.
Pourtant, la qualité de nos édifices scolaires compte également parmi les piliers des conditions d’apprentissage de nos élèves, avec le financement de l’éducation et les services aux élèves.
Malgré tous ces travers, il faut reconnaître à ce Budget que les deux bonnes nouvelles qu’il contient donnent un signal clair de la portée de la mobilisation citoyenne pour l’éducation. C’est elle qui a fait reculer le gouvernement sur les coupes des deux programmes permettant l’accès de la culture à l’école, qui sont finalement maintenus, avec 119 millions sur cinq ans. Et c’est aussi elle qui a fait en sorte que le gouvernement renonce bel et bien au maintien du gel d’embauche : n’eût été du haut taux historique de signature de la pétition lancée au début de l’été dernier, le gouvernement n’aurait pas opéré ce qu’il appelle un « relèvement ponctuel», menant à un « réinvestissement » de 250 M$.
Alors que la course pour la chefferie du parti au gouvernement s’achève bientôt, les règles budgétaires seront-elles (comme les deux dernières années) retardées ? Connaîtrons-nous à nouveau, pour une troisième année consécutive, des coupes par-dessus la croissance insuffisante que ce Budget octroie à l’Éducation ? Et à l’aube d’une campagne électorale provinciale, les partis dans la course feront-ils – enfin – de l’éducation un enjeu électoral réellement prioritaire, à la hauteur des besoins dans le système et des ambitions québécoises pour son futur?
Ce sont les réponses à ces questions que nous continuerons à poser, avec, espérons-nous, de plus en plus de parents et de gens, d’autant plus en cette année électorale qui doit nous mener à un meilleur cycle politique pour nos écoles publiques. Enfin.
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À propos du mouvement Je protège mon école publique
JE PROTÈGE MON ÉCOLE PUBLIQUE est un mouvement citoyen indépendant regroupant des dizaines de milliers de parents de partout à travers le Québec, qui a pour mission de dénoncer le sous-financement de l’école publique et ses conséquences désastreuses sur la qualité de vie des élèves.
Renseignements
Porte-parole du mouvement Je protège mon école publique :
Patricia Clermont
Par courriel : medias@jpmep.com
